Porto Santo, Madère et Selvagem.

Porto Santo – Du 6 au 9 novembre

Porto Santo c’est du « vrai », du roots, du tatoué. Il n’y a que des bateaux de voyage. Les discussions de pontons ne portent que sur la mer, d’où l’on vient, ce qu’on a fait, les tempêtes, les moments de navigation les plus beaux… Nous échangeons aussi sur les raisons qui nous poussent tous à entreprendre ces voyages.

L’île est toute petite mais assez jolie. Il y a, aux portes de la marina, une plage de sable blanc immense qui mène au petit village où Christophe Colomb vécu jadis. Nous y ferons de belles promenades parfois accompagnés d’Ody et Salty, les deux chiens d’un couple Américano-turcs qui sont nos voisins de ponton.

Mais le temps est changeant et les prévisions annoncent l’arrivée d’une mer très forte (vague de plus de 6 mètres) pour la fin de la semaine. Nous devons donc quitter au plus vite.

Mardi 9 novembre – Porto Santo – Quinta Do Lorde (Madère) – 30 MN

Nous quittons Porto Santo avec des conditions assez musclées (vent de 25 nœuds et mer formée avec des creux de deux mètres). Ces conditions semblent convenir parfaitement à Amaris qui file à un bon 12 nœuds ce qui nous permettra d’atteindre Madère en moins de 3 heures.

L’arrivée à la marina est elle aussi assez sportive puisque le vent souffle directement dans le chenal de la marina ce qui crée un courant important qui nous projette littéralement à l’intérieur. Natacha qui est la barre nous fait une entrée et une mise au ponton magistral qui lui vaudra d’ailleurs les félicitations de chaque skipper croisé ensuite sur les pontons.

Mardi 9 novembre – Samedi 20 novembre – Quinta Do Lorde (Madère)

Le rythme école – découverte de l’île s’installe. C’est assez intense car l’île a énormément à offrir. Son histoire géologique d’abord, mouvementée et encore visible aujourd’hui de part ses paysages montagneux, ses coulées de laves figées, ses tunnels… Nous aurons l’occasion de mieux comprendre la formation de la Macronésie et de visiter une grotte faite par les coulées de lave en nous rendant au très beau musée consacré aux volcans dans la petite ville de Sao Vincente. Les paysages sont à couper le souffle.

Biologique ensuite, l’île copieusement arrosée par les nuages de l’Atlantique qui sont capturés par le Pico di Ariero (1818 mètres d’altitude) est très fertile. Cela donne une explosion de végétation tropicale. L’homme par le passé a su mettre en valeur ce capital en l’exploitant au maximum (sans pour autant l’épuiser) en créant à la main un réseau d’irrigation important (les levadas) et les champs en terrasse. Nous y ferons de belles randonnées.

Nous aurons l’occasion de passer quelques heures avec un scientifique à la station de biologie marine de Funchal. Il nous expliquera les objectifs de leurs recherches principalement orientées sur les poissons des abysses (les eaux autour de Madère sont très profondes).

Le dimanche 14 nous aurons la visite surprise de Jean-Pierre Balmes de chez Outremer qui passe ses vacances sur l’île. Nous aurons donc l’occasion de faire le tour du bateau avec lui, BRAVO GRAND LARGE SERVICE – quel service !

Nous obtenons sans difficulté le permis nécessaire à débarquer sur l’île Selvagem, une réserve naturelle à 160 milles nautiques au sud de Madère.

Samedi 20 au dimanche 21 novembre – Quinta do Lorde – Selvagem 160 MN

Traversée sans histoire sur une mer qui ressemble plus à un lac tant elle est calme. La vie à bord reprend son cours et il semble que la vie en mer devienne notre référence et nous commençons à nous y sentir presque mieux qu’à terre.

Nous pêchons enfin notre premier poisson, un pauvre petit thon rouge qui s’était accorché la queue à notre hameçon !

Nous arrivons vers midi et prenons la bouée qui est disponible au large de la petite crique. Nous débarquons et faisons connaissance avec les gardiens, Carlos et Jacques, qui nous accueillent chaleureusement.

Carlos nous emmène faire le tour de l’île en compagnie du chien Selvagem, nous raconte son histoire et nous explique le travail ornithologique qui s’y effectue. C’est ici qu’ils collectent les informations et les échantillons (foies de poissons) envoyés au laboratoire de Funchal que nous avons eu l’occasion de visiter. Carlos nous fait part de ses craintes sur l’arrivée de la Cinghaterra dans l’Atlantique Nord. Nous sommes également très surpris de la richesse de l’île qui de prime abord semble un désert. Elle est essentielle pour l’équilibre et la reproduction de cinq espèces d’oiseaux et a même son espèce endémique de lézard (Tarentola boettgeri bischoffi) et de scarabée (Blaps Giga).

Nous sommes vraiment séduits par cette petite île et heureux d’apprendre que la population d’oiseaux qui viennent s’y reproduire est plutôt en augmentation. Il s’agit principalement des puffins cendrés qui partagent leur temps entre le Brésil et cette petite île de l’Atlantique servant de lieu de reproduction. (Chaque individu retrouvant toujours la même petite grotte dans laquelle il est né !).

Lundi 22 novembre

Après une nuit de veille au mouillage (nous étions trop proches des rochers au goût d’Olivier), nous retournons sur l’île pour y faire un peu de snorkling (vu un très gros mérou) et discuter avec les rangers.

Nous quittons Salvagem en début d’après-midi pour les Canaries en nous disant que nous aussi nous deviendrions bien gardiens de réserve naturelle sur une île perdue…

De Cartagena à Madère

20/10/2010 N 37°31’1110, W1°03’ 7660 – Cartagena – Puerto Banus

Nous laissons Cartagena derrière nous et poursuivons vers Marbella où nous reverrons Alayat et tout son équipage.
C’est amusant de voir quel bonheur nous avons de retrouver des têtes connues, si peu connues somme toute mais qui rassurent tout autant que le font les emails…
Avant notre arrivée à Cartagena, nous avions passé le méridien de Greenwich.
Nous l’avons pris comme un point de repère au voyage. C’est la première fois que nous le passons en bateau. Pour le moment, il me semble qu’il n’est qu’une ligne abstraite tel le symbole du sens de notre voyage.
Un premier signe apparaît: nous entendons un avis météo en français avec un accent arabe. Je suis tentée d’aller sur les côtes algériennes. Il n’y a que 80 milles nautiques qui nous séparent après tout.. mais les saisons nous pressent, nous devons traverser l’Atlantique avant fin décembre.
Cartagena est une ville, qui tout au long de son histoire, s’est remise de ses cendres… économiques. Cette fois, il semble bien qu’il n’y ai plus que la mise en valeur de ses vielles pierres et de ses poussières qui la fassent survivre. Même l’architecture contemporaine qui valorise ce patrimoine est déjà figée dans le passé. Ce n’est pas ici que nous trouverons un exemple de ville future où les 3 facteurs ( Hommes, autosuffisance, et rôle social ) vont avoir un écho.
Ceci-dit, cette étape de 4 jours m’a permis de matérialiser un vieux rêve : celui de faire un tour du monde avec nos enfants pour leur montrer les traces des civilisations qui nous ont construites. Le théâtre romain, le musée archéologique sous-marin est une excellente base. Il y a de l’intérêt dans l’air. J’ai un malin plaisir à leur expliquer les choses même si j’ai toujours un goût amer dans la bouche quand ils me demandent pourquoi cette civilisation a disparue… Il n’y a qu’un pas pour faire le lien avec la nôtre et nous ne manquons pas d’arguments ! Une première constatation par rapport au sens du voyage : il y a urgence de montrer les choses…
Je savoure le « Dictionnaire amoureux des explorateurs » de Michel Le Bris paru chez Plon. Et je retrouve une phrase écrite par Nicolas Bouvier dans « L’Usage du Monde » : On croit faire un voyage, mais c’est bientôt le voyage qui vous fait, ou vous défait ! » J’ai hâte qu’il me défasse et me refasse très rapidement …
Le soleil vient de se lever, tous dorment profondément.. Mes dernières pensées de la nuit commencent à se dissiper avec la brume…
Il faudra attendre une autre traversée pour, peut-être, trouver un sens au film que j’aimerais faire …
21/10 – 28/10 Puerto Banus

Arrivée en fin d’après-midi. Les amis d’Alayat s’impatientent, Aristide et Ambroise aussi. Ils nous invitent à partager un délicieux Tataki de thon à bord de leur magnifique bateau.
Les jours suivants se passeront entre l’école, les retours incessants entre Amaris et Alayat, la plage, la pêche et les parties de cerf-volant.
Puerto Banus est comme un zoo mais il n’y a pas d’animaux, seulement des Ferrari, des Porches et des Lamborghini. Monsieur tout le monde vient se faire photographier à côté de ces bolides puis se faire truander dans les boutiques de mode du port. On n’a pas tout compris mais c’était amusant à observer.
28/10 Puerto Banus – Gibraltar

Nos amis d’Alayat étant partis quelques jours en Hollande, nous n’avons plus de raison de rester à Puerto Banus. La météo ne permettant pas de faire la traversée jusqu’à Madère, nous décidons de faire une étape (mythique) à Gibraltar. C’est l’anniversaire d’Aristide, la traversée est très calme et les dauphins nous accompagnent pendant une bonne partie du trajet. Nous aurons même droit à des poissons volants en arrivant dans le détroit. Les cargos au mouillage sont tous plus grands les uns que les autres mais l’AIS nous permet de faire le tri sans stress entre ceux dont nous devons nous méfier et les inoffensifs.
28/10 – 1/11 Gibraltar

Nous voici donc au pied d’une des colonnes d’Hercule, la fin du monde connu pendant des siècles. Escale très british qui nous rend un peu nostalgique des années passées aux USA. Nostalgie vite effacée lorsque l’on comprend que tant que l’on sera ici, nos choix gastronomiques seront limités aux célèbres « Fish and Chips ».
La dépression arrive comme prévu le 31 octobre, 25 nœuds de vent on a connu pire et Amaris est solidement amarré à Queensway Marina au porte de la vielle ville Victorienne.
Une journée typique sur Amaris
Au port ou au mouillage
-      levé vers 8.30 – 9.00
-      Petit déjeuner en famille – quel plaisir de prendre le temps de discuter ensemble de tout et de rien comparé à la course effrénée du matin que nous vivions avant.
-      Le reste de la matinée est consacrée à l’école. Ca va plus ou moins vite selon la bonne volonté des enfants. Mais en général ça prend deux heures (ils sont plutôt de bonne volonté J)
-      La fin de matinée – début d’après-midi est consacrée à l’avitaillement et au bricolage (il y a évidemment toujours quelque chose à faire).
-      Le reste de la journée est consacré à la découverte de l’endroit ou nous sommes, à la lecture ou autre (quête d’une connexion internet, analyse des fichiers météos…)
En navigation
-      Les quarts : sur un bateau qui navigue, il est obligatoire de veiller 24/24.
o    La journée : il n’y a pas de règles (sauf si l’un de nous va faire une sieste, il prévient l’autre J)
o    La nuit : Olivier commence la nuit (en général de 20.00 à 23.00) puis on change toutes les trois heures.
-      Si le mal de mer nous laisse tranquille, on s’occupe de l’école dans la journée – horaire au choix…
-      La pêche – nous avons toujours une ligne à l’eau sur Amaris mais pour le moment on ne peut pas dire que ça nous prenne beaucoup de temps car nous n’avons encore rien pêché J
-      Navigation – on vérifie le cap, on ajuste les voiles, on tient à jour le livre de bord, on scrute l’horizon…
-      Chacun vaque à ses occupations favorites (légo pour les uns, lecture pour les autres) et en fin de journée un petit film pour les enfants.
Nous ne résistons pas à l’envie de partager avec vous un texte Edgar Morin que nous avons lu à bord. Il nous paraît refléter parfaitement ce que nous ressentons dans notre vie de tous les jours et ce que nous cherchons dans ce voyage, rencontrer ces agents de « métamorphose ».
Du 2 novembre au 6 novembre – Gibraltar – Porto Santo (Madère)
Ca y est aujourd’hui c’est le grand jour. Natacha est remise de son angine grâce aux précieux conseils de notre doc. préféré, Philippe Vandekerkhove. La médecine par distance c’est fort. Merci Doc. !
La météo est propice à notre première grande traversée (570 miles nautiques soit entre 3 et 4 jours). Les formalités de sortie effectuées, nous partons faire le plein de carburant près de l’aéroport de Gibraltar.
Le timing est bon car nous devons quitter le détroit trois heures après marée haute si nous voulons ne pas trop souffrir des courants contraires.
Première surprise, alors que les prévisions météos nous annonçaient peu ou quasi pas de vent d’ouest (c’est-à-dire contraire), nous nous retrouvons avec plus de vingt nœuds de face. Bref, nous n’avançons que très lentement mais la vue de plusieurs autres voiliers nous conforte dans nos choix et nous continuons le long des côtes espagnoles là ou le courant est moins fort. Tout se passe pour le mieux et nous progressons à 3 nœuds. C’est lent mais on avance.
Nous échangeons à la VHF avec d’autres voiliers français lorsque nous réalisons que l’un d’entre eux n’est autre que Kitty Cat, un autre Outremer 49 que nous avions rencontré à la Grande Motte début Juillet.
Vers 22.00, nous passons Gibraltar et sommes entrés dans l’Atlantique. Nous entamons avec Kitty Cat la traversée du rail des cargos (il faut savoir qu’à ce moment il y en avait une dizaine qui allait vers l’ouest et une dizaine vers l’est).
Une fois plus l’AIS s’est révélé être un gage de sécurité très efficace. Grâce à lui en effet, nous savons tout sur chaque cargo, vitesse, cap, nom… Bref le passage du rail n’a été qu’une formalité.
Gibraltar passé, il ne nous reste plus qu’à mettre le cap au 250° et foncer sur Madère. Sauf que…les pêcheurs Marocains, qui ont racheté les filets dérivants des Européens (puisque c’est maintenant interdit en Méditerranée) trouvent que la zone est excellente pour la pêche et l’ont littéralement miné de filets dérivants plus ou moins balisés.
Des feus jaunes, verts, rouges, blancs clignotants, nous avons l’impression d’être dans un sapin de Noël.
Kitty  Cat est devant nous et nous nous mettons dans son sillage. Ca va durer une bonne partie de la nuit.
Des appels incessants sur le canal 16 « sailing boat, position 35° 50’ North, 6° 14’ West, I bet you I bet you please change direction you are going to mess my fishing net… ». Ca c’est lorsqu’ils parlent Anglais. L’alternative étant de voir un bateau de pêche foncer vers vous avec à son bord une dizaine de quidams qui vous hurlent des instructions en Berbère en vous éblouissant avec une lampe torche.
Mais bon nous progressons vers l‘Ouest avec Kitty Cat.
Vers minuit trente cependant un bateau de pêche fonce vers nous, aucun appel à la radio, aucune lampe torche, il nous coupe littéralement la route et file vers le sud, une minute plus tard notre moteur tribord s’étouffe, nous sommes pris dans leur filet.
Nous faisons le bilan de la situation, le filet est pris dans notre hélice tribord mais nous sommes « clairs » côté bâbord et le filet semble être derrière nous. On s’attache fermement et Olivier descend sur la plage arrière pour couper le filet pendant que Natacha le remonte à la surface avec la gaffe.
Les pêcheurs reviennent en criant cette fois tout ce qu’ils doivent connaître d’insultes en berbère car ils ont bien compris ce que nous sommes en train de faire. Nous réussissons facilement à couper le filet et reprenons notre chemin sur le moteur bâbord (autre avantage du catamaran, nous avons deux moteurs J).
Cela sera notre première action écologique, on aura réussi à perturber cette pêche qui ne laisse aucune chance aux poissons, petits, grands, dauphins…
Le reste de la nuit se passe relativement facilement.
Le lendemain matin, Olivier plonge sous le bateau pour essayer de libérer l’hélice. Malheureusement la mer est relativement grosse et il y a du courant. On abandonne l’idée, nous continuerons à la voile et sur le moteur bâbord en trainant derrière nous notre trésor de guerre, un bout de filet et quelques petites bouées.
Le vent nous pousse vers Madère. Comme nous sommes vent arrière, nous hissons notre spinnaker la journée et établissons la grand voile et le solent pour la nuit.
La traversée se passe très bien et même si les enfants s’ennuient un peu nous prenons notre rythme.
C’est vraiment fascinant de se sentir au milieu de l’océan et mis à part un peu de fatigue due au quart de la nuit, nous en profitons à 100%.
Tous les matins quelques dauphins viennent nous souhaiter une bonne journée en partageant un bout de chemin avec nous.
Le 6 novembre vers 10 heures du matin, le signal tant attendu est lancé par Olivier. « Terre, Terre », l’île de Porto Santo est en vue.
Nous y arrivons en fin d’après-midi accueillis, en français s’il vous plait, par le personnel de la marina.
Je me rends à la douane avec les enfants qui ont besoin de se dégourdir les jambes. Le douanier lui aussi parle Français. Je me rends vite compte que s’était une erreur.
- Le douanier « quelle est la couleur de votre bateau ? »
- Moi « blanc Monsieur »
- Les enfants en cœur « mais non Papa il est bleu et blanc »
- Le douanier « Vous avez des animaux »
- Moi « Non »
- Les enfants en cœur « mais si Papa un oiseau (nous avons eu en effet à plusieurs reprises la visite d’une bergeronnette), des dauphins et des mouches »
- Je tends alors le passeport belge d’Ambroise au douanier
- Ambroise « et ce n’est pas le bon, mon passeport il est bleu, je suis Américain moi pas belge… »
Mais le douanier est de bonne composition et il choisit d’en rire.
7 Novembre au… – Ile de Porto Santo

Après une bonne nuit de sommeil, Natacha se lance et descend sous le bateau pour libérer l’hélice. Elle y arrive sans trop de difficulté tant le travail a été bien préparé par Olivier. Bon ok ok ça n’est pas tout à fait vrai. Dans un acte de bravoure sans précédent et après s’être battue comme une lionne avec le filet Marocain de très bonne manufacture il faut le dire, Amaris est libéré de sa verrue. Bonne nouvelle, notre moteur n’est pas endommagé.
Nous pouvons donc maintenant nous lancer à la découverte de l’île.

Le tour du monde d’Amaris

Vendredi 1er octobre – le grand départ
Ca y est nous quittons enfin la Grande-Motte pour un voyage qui devrait nous emmener au moins jusqu’à Tahiti. Nous sommes tous les quatre, Olivier (41 ans), Natacha, Aristide (8 ans, OK OK presque 9) et Ambroise (6 ans) à ne pas tout à fait nous rendre compte de ce qui est en train de se passer.

Les derniers mois n’ont été qu’une course sans fin pour arriver à ce moment là. Deux déménagements, un démâtage, des travaux dans la maison qui prennent une semaine de retard par semaine…
Mais bon, ça y est c’est parti. Un an pour renouer avec la nature, rencontrer des gens qui vivent autrement, apprendre d’autres façons de voir les choses, découvrir les plus beaux endroits de la planète et tout cela en bateau.
Notre bateau est un Outremer 49, il est superbe, rassurant, performant, confortable et grand. Bref, il a tout ce qu’il faut pour nous emmener avec sécurité là où le vent nous emmènera.
Vendredi 1er octobre – Samedi 2 Octobre – Grande-Motte à Fornells Minorque – 220 milles nautiques
Pour le moment direction Fornells sur l’île de Minorque dans les Baléares. Bonne nouvelle: pas de tempête dans le golf du Lion. Mauvaise nouvelle: pas de vent (ou si peu et de face) donc moteur. Ca sera le cas jusqu’à notre arrivée à Fornells le lendemain matin à 23.00. Nous connaissons l’endroit pour y être venu avec notre bateau précédent « Maverick ».

Première arrivée de nuit très impressionnante face à ce qui semble n’être qu’un mur de rochers. Ce qui fait dire à Ambroise toutes les deux minutes « On va foncer dans les rochers ».
Dimanche 2 octobre – mardi 5 octobre Fornells
Redécouverte de ce petit village de pêcheurs super sympas. Fornells est une rade très protégée et des vents et des hommes puisqu’elle est réserve naturelle. On s’y repose un peu, plage, pêche, chasse aux crabes et promenades en vélo mais aussi école pour les enfants tous les matins. Ils font ça super sérieusement et on avance bien.
On se prendra tout de même une bonne dépression au mouillage (plus de 30 nœuds de vent) mais Amaris ne bronche pas et on en est quitte pour une nuit de veille.
Mercredi 6 octobre – Jeudi 7 octobre – Fornells – Ibiza – 180 milles nautiques
Départ pour Ibiza – vent de face pour commencer donc moteur ce qui permettra de recharger les batteries. Par contre à hauteur de Mahon, le vent de travers nous permet d’envoyer les voiles et là Amaris part comme une flèche. 8 – 9 – 10 – 11 nœuds, il n’ira pas moins vite jusqu’à Ibiza avec des pointes à 16-17 nœuds dans des surfs endiablés. La mer est assez grosse mais personne n’est trop malade (merci Touristil).
Jeudi 7 octobre – vendredi 15 octobre – IBIZA
L’île est vraiment très belle. Nous la visiterons de fonds en comble d’abord à pied dans la vieille ville qui est magnifique, puis en moto. On essaye les différentes petites criques (Calla den Bossa, Calla Mastella et calla d’Hort). Cette dernière est particulièrement magnifique avec vue sur l’Isla es Verda (à couper le souffle). Nous nous y arrêtons à une adresse qui vaut le détour si vous passez par là, le restaurant Es Bodaldo. Tout y est magique (le calamar grillé qui donne les larmes aux yeux à Aristide, la paella de fruits de mer, grande découverte d’Ambroise qui adore le riz et surtout la vue imprenable).
A la marina l’ambiance est super, nous commençons à rencontrer des familles qui ont le même projet que nous. Les enfants « connectent » instantanément et font de longues parties de pêche et ça mord ! (dorades, 21 sarts, un loup de mer, des bigorneaux, huit crabes, un mulet…). Ambroise fait des allez-retours à la superette du coin pour aller chercher du pain (1 EUR la baguette tout de même) pour les poissons, ça parle Anglais et Français, bref la vraie liberté…
Lundi 11 octobre – notre première tempête.
ça a commencé vers 21 heures – nos supers logiciels de météo nous avaient prévenu: il fallait s’attendre à 30 nœuds Sud-ouest tournant Sud vers 2.00 du matin. C’est 58 – 60 nœuds qui sont arrivés. Dantesque, on ressert les amarres, on ira même jusqu’à allumer le moteur bâbord jusqu’à 2000 milles tours  pour éviter de taper dans le quai mais on s’en sort indemne comme nos voisins d’ailleurs mais pas sans émotions.

Le génois du voisin se déroule, il est à la gite comme en pleine mer, nous descendons pour l’aider. On voit passer deux bateaux quasi fantômes, voiles arrachées, impossible à manœuvrer, nous les retrouverons le lendemain matin écrasés au fond de la rade, balcons arrachés, griffes dans la coque… Le pire est le bateau qui au mouillage viendra s’écraser contre les rochers. Il n’y aura heureusement que du plastique cassé, pas de blessés – OUF.
Ca nous rappellera qu’il faut toujours être humble face à la mer et que tout est dans l’anticipation – en mer peut-être encore plus que dans la vie, le mieux est de ne jamais se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.
Ca nous apprendra aussi à nous méfier de nos fichiers météos. Le capitaine d’Alayat 3, Naji Achy,  me conseille Navimail, c’est payant mais c’est aussi vrai qu’il était le seul ce matin à nous dire que nous allions prendre plus de 50 nœuds.
Vendredi 15 octobre – Samedi 16 octobre – Ibiza – Carthagène – 150 milles nautiques
On s’était pourtant préparé à faire du portant, on a gréé le Gennaker. On aurait du trouver du 10-12 nœuds au grand large. Malheureusement c’est pétole et donc…moteur.
Traversée sans histoire mer très calme, pas de vent, quelques éclairs au loin qui nous poursuivent toute la nuit. Magnifique couché de lune. Vers 3.00 du matin nous serons envahi par des libellules…certaines d’entre-elles s’installent sur la table à carte pour se reposer sans doute.
A l’heure où nous écrivons ces lignes nous sommes en approche de Carthagène. La suite très bientôt.

Les premières images sont sur http://vimeo.com/15957744

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